Silence on tourne, une pièce de théâtre qui fait son cinéma

Silence on tourne au théâtre Fontaine

Dernièrement, je suis allé voir la pièce "Silence on tourne" au théâtre Fontaine.
A vrai dire, j'ai longuement hésité avec deux autres comédies en vogue en ce moment : "Le gros diamant du prince Ludwig" et "Les faux British". Finalement je me suis décidé pour celle qui me semblait la plus originale car elle abordait le thème du cinéma dans une salle de théâtre.

Du cinéma au théâtre ou l'inverse !

"Silence on tourne" c’est l’histoire du biopic d’une grande comédienne assassinée un soir de représentation par un mari trompé et jaloux.
Nous assistons donc en tant que spectateurs-figurants au tournage de la scène où le mari fait irruption sur scène pour tuer sa femme. Le décor est donc celui d’un plateau de cinéma et les comédiens endossent les rôles de producteur, réalisateur, assistant et assistante, acteurs et actrices....

Une des particularités de cette pièce réside dans le fait, qu’avant le lever de rideau, les spectateurs patientent en musique en écoutant un trio (guitare/chant, batterie et clarinettiste). Un répertoire de 5 ou 6 chansons aux couleurs jazzy plonge déjà les futurs figurants que nous sommes dans un bonheur certain.

L' histoire de le pièce

Dès le lever de rideau le décor est planté (si je puis dire).

Le premier assistant réalisateur s’adresse au public pour donner le contexte de la pièce, ou plutôt de la scène qui va être tournée sous nos yeux.
Nous, public, sommes donc des figurants choisis (ou castés) pour jouer le rôle d’un public de théâtre qui allons être témoins d’un meurtre sur scène. Autant vous dire que dès les premières minutes nous en prenons pour notre grade (trop vieux, pas assez bien habillé, trop de monde, mal placés, etc…).

Puis vient ensuite la mise en place, et la répétition de la scène qui va être tournée. Celle où le mari jaloux va surgir du public et pointer un révolver en direction de son épouse adultère.

Bon, je ne vais pas vous raconter toute l’histoire, ni même l’histoire dans l’histoire, car le mieux bien évidemment est d'aller la voir si vous en avez la possibilité. Je vais plutôt vous livrer mon ressenti sur cette pièce.

Répliques, mise en scène, jeu d'acteurs... Tout est bon (dans l'cochon)

Patrick Haudecoeur auteur de la pièce (auteur également d'une autre comédie à succès : "Thé à la menthe ou t'es citron ?"), nous livre ici une comédie complètement décalée, pour ne pas dire déjantée. Pour autant l'ensemble est d'une grande qualité comique.

Les répliques bien senties sont accompagnées par une mise en scène brillante, avec des gags bien placés et inattendus. Cette pièce est donc aussi drôle par les dialogues que par le comique de situation.

Silence on tourne

Le comique de répétition (qui ne plait pas à tout le monde, mais que j’apprécie particulièrement) est aussi bien présent avec notamment « Philippe » l’acteur prétentieux qui ne cesse de demander s’il ne rayonne pas trop et ne fait pas d’ombre aux autres acteurs. Ça, c’est qu’il croit. Car en réalité, Philippe est invisible aux yeux des autres. Chaque fois que quelqu’un entre sur le plateau il s’exclame devant le premier concerné : « Où est Philippe ? ». Et, ce dernier ne cesse de dire : « Mais je suis là, enfin ! ». Jusqu’au moment où une des comédiennes s’assoit sur les genoux de Philippe (lui-même assis sur un banc) sans que celle-ci ne s’en aperçoive.

L’autre qualité de cette pièce réside dans le jeu des acteurs (même s'il est parfois un peu forcé, sans toutefois nuire à l'ensemble, car c'est la pièce qui le veut). Chacun campe son rôle à merveille à l’instar de la jeune première, si douce et si ingénue, qui lorsqu’elle est contrariée se transforme en véritable monstre sadique avec une voix et un visage à l’extrême opposé de ce qu’ils paraissent habituellement.

L’intensité comique de la pièce monte en puissance au fil du temps pour se terminer en apothéose.

Le final

La pièce se termine comme elle a commencé, c’est-à-dire avec le trio de musiciens et tout le monde, comédiens et public, reprennent la joyeuse chanson : Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?

Silence on tourne, chanson finale

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